Lénine à Leningrad (Pétersbourg)

De nos jours l’on voit apparaître dans toute sa grandeur le rôle de Lénine, dont le nom se rattache au tournant décisif de l’histoire de l’humanité : le passage du capitalisme au socialisme.

Ce processus qui a commencé par la Révolution d’Octobre à Petrograd, constitue l’essence de l’époque actuelle.

Il existe à Leningrad plus de 230 endroits qui évoquent la vie et l’activité de Lénine. L’un des plus beaux édifices de la ville — le Palais de Marbre sur le quai de la Né va, près du Champ-de-Mars — est devenu en 1937 une filiale du Musée central Lénine. Devant l’entrée d’honneur, sur un socle de granit, s’érige un blindé dont la tourelle porte l’inscription « Ennemi du capital » et qui servit de tribune à Lénine le jour où il revint d’émigration, en avril 1917, sur la place de la Gare de Finlande.

Le musée dispose de nombreux documents, éditions originales d’ouvrages de Lénine, photographies, peintures, dessins et sculptures, souvenirs et reliques de toute sorte qui sont autant d’illustrations du léninisme. Sur le vaste fond de l’histoire de l’Etat des Soviets et en liaison étroite avec l’histoire du P.C.U.S., les objets exposés relatent l’œuvre du grand révolutionnaire.

Les dernières salles du musée montrent comment le Parti et le peuple de l’U.R.S.S. exécutent les préceptes de Lénine et progressent dans l’édification du communisme.

Aux collections du Palais de Marbre s’ajoutent celles des endroits où Lénine vécut et déploya son activité.

Une plaque commémorative orne le bâtiment de l’Université (7, quai de l’Université). C’est là, dans la salle du Conseil, que Lénine passa en externe sa licence de droit (1891). Certains examens avaient lieu dans la petite salle de conférences de l’Académie des sciences (5, quai de l’Université). Lénine fut le seul de sa promotion à mériter la mention «excellent» pour toutes les matières. On lui décerna un diplôme du premier degré.

Après s’être installé à Pétersbourg vers la fin d’août 1893, alors qu’il était déjà avocat, Lénine habita 98, rue Serguievskaïa (aujourd’hui rue Tchaïkovski), logement 20 ; 4, rue Iamskaïa (aujourd’hui rue Dostoïevski), logement 11 ; 15, rue Lechtoukov (aujourd'hui rue Djamboul), logement 14. Les déménagements fréquents étaient d’usage parmi les révolutionnaires clandestins qui trompaient ainsi la vigilance de la police et empêchaient les logeurs et les concierges d’épier les visiteurs du locataire « suspect ».

Du 14 février 1894 au 25 avril 1895, pendant le travail intense que nécessitait la création d’un parti révolutionnaire marxiste en Russie, Lénine demeura .ni n° 7/4 de la rue Bolchoï Kazatchi, appelée aujourd’hui rue Ilitch. Il y occupait, dans le logement 13, composé de trois pièces, une chambrette de quatorze mètres carrés.

Elle était plus que modeste : un plafond bas, un poêle rond dans le coin, une table devant la fenêtre. On s’éclairait au pétrole. Entre le lit de fer et la commode, une étagère pour les livres. A gauche, contre le mur, un divan où s’asseyaient les camarades venus voir Lénine. A part ce mobilier, deux ou trois chaises, un porte-manteau, un lavabo à support métallique, une cuvette et un pot de faïence. Sur le lit, une couverture de flanelle. C’était tout. Et le mode de vie du jeune avocat Vladimir Oulianov était aussi simple que ce cadre.

Cet intérieur a été reconstitué et converti en musée.

C’est là que Lénine travailla aux ouvrages qui contribuèrent a la défaite de l’idéologie anti-marxiste des populistes et des « marxistes légaux » : Ce que sont les « amis du peuple » et comment ils luttent contre les social-démocrates et Le contenu économique du populisme et sa critique dans le livre de M. Strouvê. C’est là qu’il recevait ses camarades de clandestinité.

Au printemps de 1895, Vladimir Ilitch quitta ce logement et partit à l’étranger, chargé par l’organisation social-démocrate de se mettre en contact avec le groupe marxiste de Plékhanov « Libération du travail ». Il revint en Russie en septembre 1895, rapportant dans une valise à double fond des textes marxistes illégaux. De retour à Pétersbourg, il s’installa vers la fin de septembre au n° 6/44 (logement 30), à l’angle des rues Taïrov (aujourd’hui rue Brinko) et Sadovaïa.

Ce fut une période d’activité infatigable pour créer et consolider l’« Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière» de Saint-Pétersbourg, germe du parti révolutionnaire marxiste de Russie.

Lors du retour de Lénine à Pétersbourg, il était déjà possible d’allier la théorie du socialisme scientifique à la pratique du mouvement ouvrier. Mais la plupart des propagandistes ne savaient pas appliquer le marxisme à l'étude et à l’explication de la situation économique et politique du pays et tirer des conclusions révolutionnaires pratiques. Lénine orienta le groupe pétersbourgeois des marxistes vers le travail politique parmi les grandes masses du prolétariat.

L'activité de Lénine dans les années quatre-vingt-dix, ses idées, sa lutte implacable contre les déformations de la théorie marxiste, ses efforts pour éduquer les cadres du Parti et les masses dans un rqpiil révolutionnaire, tout cela marqua le début d'une étape nouvelle, léniniste, du développement du marxisme.

L’ai automne 1894 commence le travail de propagande de Lénine dans les cercles ouvriers des faubourgs. Vladimir Ilitch se trouvait sous la surveillance in tète de la police, mais ses talents de conspirateur lui permettaient de leurrer magistralement les mouchards.

Un jour, les gendarmes réussirent à dépister l’organisation. Lénine fut arrêté dans la nuit du 8 au 9 décembre 1895 au n° 61/1 de la rue Gorokhovaïa (aujourd’hui rue Dzerjinski). Le même sort échut à beaucoup d’autres membres de l’« Union de lutte ».

Lénine et ses compagnons furent écroués à la « Maison de détention préventive » (à l’emplacement actuel du n° 25 de la rue Voïnov qui s’appelait alors rue Chpalernaïa). Vladimir Ilitch y languit 14 mois dans la cellule 193, en attendant le jugement.

Il résolut de profiter de cette inaction forcée pour préparer son ouvrage Le développement du capitalisme en Russie. Ses parents lui faisaient parvenir les livres dont il avait besoin. Tout un coin de sa cellule en était encombré. Il y réunit une documentation abondante (son texte contient des références à 583 ouvrages). Lénine envoya de là un projet de programme du parti social-démocrate (écrit au lait entre les lignes d’un ouvrage de médecine), une brochure intitulée A propos de grèves (le manuscrit s’est perdu par la suite, lors de la saisie de l'imprimerie clandestine à Lakhta, banlieue de Pétersbourg), des tracts et des proclamations. Dans ses messages secrets, Lénine ne se bornait pas à donner des instructions aux révolutionnaires en liberté, il s’occupait aussi du sort des camarades prisonniers. Pour écrire au lait, il modelait en mie de pain des encriers minuscules qu’il avalait au premier bruit suspect du judas. Dans une de ces lettres il constatait en plaisantant : « J’ai avalé aujourd’hui six encriers. ».

Au début de 1897, Lénine fut condamne a trois ans de déportation en Sibérie Orientale. Elargi le 14 février, il eut l’autorisation de rester à Pétersbourg jusqu'au soir du 17 « pour faire ses préparatifs de voyage ». Il passa ces trois jours chez sa mère Maria Alexandrovna (13, rue Serguievskaïa — aujourd’hui rue Tchaïkovski — logement 16).

Revenu de déportation au début de 1900, Lénine se vit interdire le séjour à Pétersbourg, à Moscou, dans tous les centres industriels et villes universitaires du pays.

En été 1900, il partit à l’étranger afin de mettre au point la publication d’un journal politique russe, appelé à devenir le foyer de la lutte pour la création d'un parti marxiste en Russie, l’organe de la classe ouvrière, force prédominante de la révolution.

Ce journal fut l'Iskra qui, sous la direction de Lénine, de décembre 1900 à octobre 1903, joua un rôle important dans la préparation de la révolution fit Ia fondation du parti marxiste en Russie.

De nombreux sites font revivre Lénine à l’époque de la révolution démocratique bourgeoise de 1905-1907. Le 8 novembre 1905, Lénine revint d’émigration a Pétersbourg en pleine révolution. Après un bref répit et quelques rencontres avec les militants du Parti, il visita le cimetière de la Transfiguration pour s'incliner devant la tombe des victimes du « Dimanche sanglant ». Le lendemain, il se rendit à la rédaction du journal Novàia Jizn (Vie nouvelle), sise 68, perspective Nevski (ce bâtiment, très endommagé par une bombe hitlérienne, a été reconstruit et modernisé).

La Nova'ia Jizn est la première feuille bolchévique égalé. En novembre 1905, Lénine alla presque tous les jours à la rédaction pour en diriger le travail. Ce journal devint le plus populaire des quotidiens ouvriers, l’organe central des bolchéviks, leur poste de commandement.

A partir de novembre 1905, le travail essentiel de la rédaction se fit dans un lieu plus sûr et plus commode pour la liaison avec les correspondants ouvriers : 38, rue Troïtskaïa (aujourd’hui rue Rubinstein), logement 3.

Lénine habitait alors au n° 1/41, de la 10 rue Rojdestvenskaïa (aujourd’hui rue Sovietskaïa), logement 3.

A Ia fin de novembre, Lénine et sa femme Nadejda Constantinovna Kroupskaïa s’installent aux meublés « San-Remo », 90, perspective Nevski. Quelques jours après, ils sont contraints de déménager : Le 8 novembre 1905, Lénine revint d’émigration a Pétersbourg en pleine révolution. Après un bref répit et quelques rencontres avec les militants du Parti, il visita le cimetière de la Transfiguration pour s'incliner devant la tombe des victimes du « Dimanche sanglant ». Le lendemain, il se rendit à la rédaction du journal Novàia Jizn (Vie nouvelle), sise 68, perspective Nevski (ce bâtiment, très endommagé par une bombe hitlérienne, a été reconstruit et modernisé).

 

La Nova'ia Jizn est la première feuille bolchévique égalé. En novembre 1905, Lénine alla presque tous les jours à la rédaction pour en diriger le travail. Ce journal devint le plus populaire des quotidiens ouvriers, l’organe central des bolchéviks, leur poste de commandement.

A partir de novembre 1905, le travail essentiel de la rédaction se fit dans un lieu plus sûr et plus commode pour la liaison avec les correspondants ouvriers : 38, rue Troïtskaïa (aujourd’hui rue Rubinstein), logement 3.

Lénine habitait alors au n° 1/41, de la 10 rue Rojdestvenskaïa (aujourd’hui rue Sovietskaïa), logement 3.

A Ia fin de novembre, Lénine et sa femme Nadejda Constantinovna Kroupskaïa s’installent aux meublés « San-Remo », 90, perspective Nevski. Quelques jours après, ils sont contraints de déménager : les faux papiers de Nadejda Constantinovna éveillent les soupçons de la police et Vladimir Ilitch propose de changer d’adresse. Sa sœur Maria Ilinitchna les recommande à des amis qui habitent 15/18, perspective Grétcheski, logement 9. Lénine^ et sa femme y descendent le 1er décembre. Mais à peine se sont-ils inscrits qu’une nuee de mouchards cerne la maison. Ne pouvant pas vivre légalement, ils décident de contourner la loi.

A cette époque, Lénine prenait souvent la parole devant les ouvriers de Pétersbourg, les propagandistes et les militants du Parti, aux séances du Soviet de Pétersbourg des députés ouvriers.

Au printemps et en été 1906, Lénine dirigea le travail des journaux bolchéviks légaux Volna (le Flot), Vpériod (En avant), Echo et Novaïa Volna ; il se rendait à l’imprimerie située quai de la Fontanka (n° 96, logement 54). C’est là qu’on imprimait la revue bolchévique légale Vestnik Jizni (Messager de la Vie) dont la rédaction, fréquentée par Lénine en 1906-1907, était au n° 102 de la perspective Nevski, logements 16 et 37.

En décembre 1907, après l’échec de la première révolution russe, Lénine émigra sur ordre du centre bolchevik.

A l’étranger, il continua sans relâche à diriger le Parti et la classe ouvrière de Russie. Et dès que lui parvint la nouvelle de la Révolution de février 1917.

Qui avait renversé la monarchie, il se prépara à regagner son pays. Le soir du 3 avril, la place de la Gare de Finlande fut témoin de la rencontre inoubliable de Lénine avec les ouvriers, les soldats et les marins de Pétrograd. Cette place, qui porte aujourd’hui son nom, a été réaménagée sous le pouvoir des Soviets. Les vieilles bicoques en bois ont été démolies, à leur place on peut voir des bâtiments neufs, des massifs de fleurs et des jets d’eau que domine la statue de Lénine sur un blindé.

Le train était arrivé en gare à 11 h 10 du soir. Lorsque Vladimir Ilitch, entouré de ses amis qui portaient des drapeaux rouges, sortit sur la place, un « hourrah » jaillit de milliers de bouches, les bonnets volèrent en l'air, les fanfares se joignirent au grondement puissant des acclamations : « Vive Lénine ! », « Salut au guide de la classe ouvrière ! » Les ouvriers hissèrent Lénine sur un blindé. C’est du haut de cette tribune improvisée qu’il harangua le prolétariat révolutionnaire de Petrograd. Il termina son discours par l’appel à la révolution socialiste. Le blindé le transporta vers l’ancien hôtel de Krzesinska, où résidaient les comités Central et de Petrograd du parti bolchévik (1/2, avenue Kronverkski, aujourd’hui avenue Gorki). A son arrivée, plusieurs dirigeants bolcheviks se réunirent dans une pièce du premier étage. Lénine leur exposa ses vues sur la situation et les tâches du Parti. Il formula pour la première fois le programme pratique du passage de la révolution démocratique bourgeoise à la révolution socialiste.

Actuellement, ce palais abrite le Musée de la Révolution d’Octobre. Une plaque commémorative flanque la porte du balcon où Lénine sortit plus d'une fois cette nuit-là (et plus tard, au printemps et en été 1917) pour parler au peuple. Les ouvriers, les marins, les soldats affluaient de toutes parts vers le palais. .. La nouvelle s’était répandue d’un bout à l’autre de la ville, chacun voulait voir le chef et l’entendre.

Après trois ou quatre heures de repos, le matin du 4 avril, Lénine était au palais de Tauride (47, rue Chpalernaïa, aujourd’hui rue Voïnov). Il y fit un rapport « Sur les tâches du prolétariat dans la révolution actuelle ». Le rapport avait pour base les célèbres Thèses d’Avril, dans lesquelles le parti bolchevik fournissait au peuple un plan concret du passage de la révolution démocratique bourgeoise à la révolution socialiste et appelait les masses à lutter pour un développement pacifique de la révolution, pour la remise de la totalité du pouvoir, sans effusion de sang, aux Soviets qui donneraient au peuple la paix, le pain, la terre et la liberté. Lénine a vu dans les Soviets une forme d’Etat de la dictature du prolétariat.

La lutte contre les partis antipopulaires des S.R. et des menchéviks constituait alors toute l’activité de Lénine et de ses compagnons d’armes. C’est cette tâche qui inspira l’intervention de Vladimir Ilitch au 1er Congrès des Soviets de Russie. Le Congrès avait^ commencé ses travaux dans un édifice ancien de l’île Vassilievski (1, avenue des Cadets). Au second jour, le 4 juin 1917, un leader menchévik, Tserétéli, monta à la tribune. Défendant la coalition avec les partis bourgeois, il déclara qu’il n’existait pas de parti politique en Russie qui fût capable d’assumer à lui seul tout le pouvoir.

En réponse, à travers la salle silencieuse, retentirent vigoureusement les paroles célèbres de Lénine : — Ce parti existe !

Joyeusement applaudi par le groupe bolchévik, Lénine se dirigea vers la tribune. Il exposa dans son discours le programme du Parti pour les questions essentielles de la révolution et appela à remettre tout le pouvoir entre les mains des Soviets. L’auditoire fut vivement impressionné.

En souvenir de cette intervention, l’avenue des Cadets s’appelle maintenant avenue du Congrès.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)