Le Musée Russe

Au début du XIXe siècle, on confia à Carlo Rossi la construction d’un palais pour Mikhaïl, le fils de Paul 1er Sur le terrain s’étendant derrière ces maisons.

Cependant, ayant goût des grands ensembles urbains, il élabora non seulement le projet du palais lui-même, mais aussi l’aménagement du grand espace compris entre la perspective Nevski et l’actuel Champs-de-Mars. Ayant achevé en 1823 la construction du palais Mikhaïlovski, qui aujourd’hui abrite les collections du Musée Russe, l’architecte dressa les plans d’une place s’étendant devant son entrée principale (l’actuelle place des Arts) et la réunit avec la perspective Nevski par la rue Mikhaïlovskaïa en rasant les maisons donnant sur l’avenue à cet endroit; il prolongea aussi la rue Sadovaïa jusqu’au Champs-de-Mars tout en dressant les plans des façades des maisons de tout ce quartier. C’est ainsi que deux objectifs furent atteints : l’ouverture sur le Nevski du bel ensemble de la rue Mikhaïlovskaïa ayant pour fond la solennelle façade du palais Mikhaïlovski et la construction de la pratique voie de communication de la Sadovaïa menant à la Néva.

L’architecture du palais Mikhaïlovski, cet énorme édifice d’apparat, est un modèle du classicisme dans sa période d’épanouissement. La façade principale, tournée vers la place, reflète solennité et grandeur, grâce à sa colonnade et aux nombreux bas-reliefs. Dans les années 1890, un musée d’art russe y fut créé, les peintures murales et les moulures furent détruites dans la plupart des pièces, pour que la surface des murs convienne à la fixation des tableaux. Toutefois, une partie de la décoration intérieure due à Rossi fut conservée, en particulier le vestibule d’honneur avec son escalier et la salle Blanche. L’escalier impressionne par ses dimensions, sa haute colonnade, ses plafonds exécutés en grisaille, technique caractéristique du classicisme, et ses sculptures. Dans la salle Blanche dont les murs et les colonnes sont revêtus de marbre artificiel, et les plafonds recouverts de compositions ornementales, pratiquement toute la décoration initiale fut conservée : meubles, objets en pierres semi-précieuses. Là, comme dans ses autres œuvres, Carlo Rossi fit appel aux meilleurs sculpteurs, peintres, modeleurs, ciseleurs, ébénistes, doreurs et parqueteurs pour l’exécution des travaux de décoration. Notons en particulier le marbrier Paolo Triscorni, le peintre Giovanni Scotti et les ébénistes André Tour et Vassili Bobkov.

Le Musée Russe possède actuellement près de 315 000 articles d’exposition. Le département d’Art ancien russe comprend quelques centaines de remarquables exemplaires d’icônes dont : l’Ange aux cheveux d’or (XIIe siècle), Saint Georges terrassant le dragon (XVe siècle), des œuvres de Théophane le Grec (XIVe siècle), d’Andreï Roub-lev (XVe siècle) et de Simon Ouchakov (XVIIe siècle). La collection d’art russe du XVIIIe siècle est extrêmement riche. Dans les œuvres d’Ivan Vichniakov, Fiodor Rokotov, Dimitri Levitski, Vladimir Boro-vikovski et d’autres peintres éminents, ainsi que dans celles des sculpteurs Fedot Choubine, Feodossi Chtchedrine apparait une culture artistique de très haut niveau où s’unissent la singularité de l’école russe et les traditions et les apports de l'art de l'Europe occidentale.

Le département de l’Art russe du début du XIXe siècle donne une impression d’austérité et d’exigence produites par les œuvres classiques. Les énormes toiles de Karl Brioullov (le Dernier jour de Pom-éi), de Fiodor Brouni (le Serpent d’airain) et les œuvres « de chambre » d’Alexeï Venetsianov ou de Pavel Fedotov provoquent sur le spectateur des émotions complexes.

La haute maîtrise professionnelle transmise à ses élèves par l’Académie des Beaux-Arts, à laquelle s’ajoutait une très forte attirance pour l’étude des réalités de la vie, déterminèrent la victoire du réalisme dans la seconde moitié du XIXe siècle. Les peintres de la Société des Expositions Artistiques Ambulantes en devinrent les représentants les plus caractéristiques. Le musée possède des œuvres de Vas-sili Perov, Nikolaï Gay, Ivan Kramskoï; c’est là que sont exposés les célèbres tableaux d’ilia Repine, le plus grand des peintres réalistes russes: les Zaporogues écrivent une lettre au sultan de Turquie, les Haleurs de la Volga, ainsi que des toiles historiques de Vassili Souri-kov, des marines d’Ivan Aïvazovski, des paysages d’Ivan Chichkine et d’Isaac Levitan.

La peinture de la fin du XIXe et du début du XXe siècle est fort bien représentée, à commencer par Valentin Serov, l’« impressionniste russe » Konstantin Korovine, l’original Mikhaïl Vroubel, les maîtres profondément nationaux Fiodor Maliavine, Mikhaïl Nesterov, Boris Koustodiev et, pour terminer, Alexandre Benois, Alexandre Golovine, Konstantin Somov et Nikolaï Roerich.

Le département des Arts appliqués est extrêmement intéressant tant du point de vue artistique que par sa diversité.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)