Palais de Tauride

Le Palais de Tauride est un des palais les plus importants de Saint-Pétersbourg. La construction du palais de Tauride a commencé en 1783. Les travaux de construc tion de ce riche palais, dont M. Staroff, architecte russe, a donné les dessins et ceux des dépendances, ont duré sept ans; le tout n'a été complètement terminé qu'en 1790. Le Palais de Tauriden'était pas originairement une résidence impériale; il a été bâti en 1783 par le ministre favori de l'impératrice Catherine Il, le prince Potemkin. 

Le palais rappelait une maison seigneuriale de campagne. Se bâtiments étaient situes entre un grand parc et la cour d’honneur qui, au droit de la façade principal, donnait sur le Néva. L’aspect extérieur du palais nous est parvenu presque sans changements. Il n’y a plus trace de la magnificence des palais de Rastrelli ; tout est simple, au contraire, sévère et paisible. Le corps de bâtiment qui ferme la cour d’honneur et les retours d’ailes sont relies par des galeries sans étage, le plan faisant ainsi un U étire.

Staroff n’a pas recours comme Rastrelli à l’ornement pour égayer la surface des murs. Il se borne a souligner le center de la façade principale et les extrémités des retours d’ailes par des portiques, les murs restant nus et perces de simples baies rectangulaires sans encadrement. Les colonnes jouent ici également un rôle constructif. Pas de sculptures, ni de pilastres, ni d’encadrements moules. L’architecte atteint un effet artistique non par la richesse et l’abondance des ornements mais par des proportions parfaits, par l’harmonie de l’ensemble. L’écrivain Derjavine disait à propos de ce palais :

Son extérieur ne brille ni par les sculptures et les dorures, ni par d’autres riches ornements. Sa meilleure qualité est son élégance classique ; il est simple, mais imposant. Le fronton soutenu par les colonnes abrite l’entrée et forme porche.

G. Derjavine

Le corps de bâtiment principal constitue le centre de la composition nette et logique du Palais de Tauride, d’une sévère symétrie. L’architecte souligne la longueur de la façade en couronnant d’une même corniche les ailes latérales at les galeries. Le centre est souligné par le portique dorique qui semble très puissant sur le fond des murs vides et bas, et aussi par une large coupole aplatie d’un très beau dessin. Les façades du palais sont habilement accordées au panorama des rives basses de la Néva. Les peintures du XVIII siècle permettent de juger à quel point le palais semblait imposant vu de la rive opposée du fleuve, depuis de quartier Vyborgski. Depuis, cette vue a été gâtée, car vers la fin du XIX siècle, on construisit entre la façade d’apparat et le Néva un château d’eau et d’autres bâtiments industriels, rompant ainsi l’unité de l’ensemble architectural créé par Staroff.

Paul I, qui succéda à Catherine II, n'avait aucune des qua lités de sa mère. Il détestait Potemkin; il aurait volontiers détruit tout ce que ce ministre avait fait. Bientôt le palais de Tauride éprouva, après son avènement au trône, les effets de l'aversion qu'il ressentait pour tout ce qui pouvait rappeler ‘u‘n homme dont la mémoire lui était odieuse. Il ne voulut pas l'habiter. La statue de l'impératrice fut enlevée et placée à l'académie des beaux-arts.

Le palais Taurique, qui est sur le quai delà Newa, a été bâti par Catherine II, pour son favori le prince Potemkin. On y a prodigué tout le luxe d'un palais asia tique. On peut en lire la description à la fin du second volume des Mémoires secrets sur la Russie: c'est un tableau peint de main de maître. Le récit de la fête brillante que Potemkin y donna à sa souve raine avant d'aller mourir sur les grands chemins de la Bessarabie, donne une idée de la scandaleuse opulence de ce prince de venu le souverain de sa souveraine. Catherine II, après la mort de Potemkin, en fit son palais d'automn.

Voyage À Saint-Petersbourg En 1799 – 1800, Jean Francois Georgel

Toutes celles qui décoraient le grand salon, la salle des festins, le jardin d'hiver, ainsi que les nombreuses‘richesses dont le palais était rempli, ont été dépo sées et transportées, comme nous l'avons précédemment dit, au château de Saint-Michel , que l'on construisait alors , et dans les autres résidences impériales. En?n, les préventions défa vorables contre l'habitation que les préférences de Catherine auraient dû défendre, furent telles, que l'on en ?t des écuries; on mit des chevaux dans toutes les pièces qui purent en re cevoir; et l'on a vu établir un ratelier sur la place où peu de temps auparavant s'élevait l'image révérée de l'impératrice Catherine.

C’est un autre édi?ce qui renferme la galerie des an tiques. ll faut aller la chercher à l’extrémité de Saint Pétersbourg, près de la cathédrale de Smolna , dans le Palais de Tauride, ainsi nommé par Catherine II , qui le ?t bâtir pour son favori Potemkin (Patiomkine), tan dis qu’il faisaitla facile conquête de l’ancienne Cherso nèse-Taurique, la Criméc. Ce musée provisoire, comme on l’appelle, n’est pas encore bien considérable en nom bre, ni surtout bien riche en chefs-d’œuvre; la plupart des marbres qu’il renferme furent achetés par l’empe reur Paul, lorsqu’il voyageaen Italie et en France sous le nom de prince du Nord. Dans la grande rotonde à l’en trée et dans la grande salle oblongue à colonnes, qui n’a pas moins de cent pas sur trente, et que termine un jardin en serre. chaude , voici, parmi les statues , bustes , bas-reliefs , sarcophages , vases , colonnet tes, etc., les morceaux qu’on peut chercher de préfé rence : d’abord, une Vénus pudique, répétition de la célèbre Venus de Médicis, qui a aussi des bras moder nes et des mains non moins maniérées. Elle fut don née à Pierre-le-Grand parle pape ClémentXl, en 1719;

Les musées dA?llemagne et de Russie, Louis Viardot

 

Alexandre I étant parvenu au trône en 18o2 ,s'empressa de réparer les profanations que la maison de campagne de son aïeule avait éprouvées. Il voulut que le château de Saint-Mi chel restituât au palais de Tauride, les statues, les ouvrages précieux qui en avaient été tirés.

Le palais a 42 pieds de haut, est surmonte d'une grande coupole et orné d'un péristyle de 8 colonnes qui sou tiennent le fronton. Aux deux côtés du bâtiment principal, deus ailes s'avancent jusqu'à la rue et en sont séparées par une grill' en fer. L'arrangement intérieur est assez remarquable. Tout l'es pace situé entre les ailes n'est, pour ainsi dire, qu'une salle im mense éclairée par des fenêtres pratiquées dans la coupole. De"1 rangées de colonnes lui donnent une apparence tout à fait grandiose. A un des bouts de la salle sont des statues de marbre, des bustes et toutes sortes d'objets antiques, trouvés dans les ruines d'Herealanum et de Pompéi. De l'autre côté se trouve un jardin d'hiw rempli d'orangers et de plantes du sud et des tropiques; les allées sont bien sablées, les plates bandes entourées d'une mousse entre tenue dans une continuelle fraîcheur. C'est dans ce jardin qe l'Impératrice se promenait souvent, un livre à la main, dans le» mauvais jours d'automne.

Guide du voyageur à St. Pétersbourg, Jean Bastin, 1867

Exemple frappant des fa voris disgraciés, ce palais, dépouillé à son tour, ne conserve aujourd'hui, nous l'avons déja dit, de ses richesses premières, que l'apparence et le nom; tandis que, par un retour de fortune digne d'être cité, celui de l'impératrice Catherine a presque entièrement retrouvé la splendeur et la magni?cence de l'é poque à laquelle cette souveraine y recevait des hommages et des fêtes.

                 

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)