Palais de Peterhof

Vestibule et Escalier de chêne

En entrant par les portes vitrées au centre du bâtiment, vous traverserez un large vestibule au sol dallé de marbre et, en passant sous une haute voûte percée dans le mur O., vous arriverez au pied de l’Escalier de chêne, escalier d’apparat de l’ancien Palais supérieur. C’est l’architecte Alexandre Leblond qui conçut cet escalier en trois parties, assez étroit, qui s’intégrait parfaitement à la décoration modeste du palais d’origine. L’élégance des finitions, et particulièrement les balustres de chêne sculptés par Nicolas Pineau font de cet escalier l’un des éléments de décoration les plus intéressants de cette époque.

Au milieu du XVIIIe s., lors de l’édification d’un étage supplémentaire, Rastrelli agrandit les fenêtres et augmenta la hauteur de la salle, aménageant pour cela une large ouverture ovale qui s’ouvrait sur un plafond peint par Ivan Vichniakov, qui représentait le char de l’Aurore.

En 1978, les travaux de réfection de l’escalier furent achevés. Un fragment calciné d’un balustre trouvé dans les décombres et des photographies servirent de modèle aux sculpteurs pour la confection d’une balustrade de facture élégante. Le plafond fut reconstitué par Yakov Kazakov d’après une photographie d’avant-guerre en noir et blanc et des descriptions écrites.

Sur le mur O. vous pourrez remarquer un portrait de Pierre le Grand dans un cadre de chêne richement sculpté. On pense que ce tableau fut exécuté d’après nature en 1716 par le Danois Benoît Coffre (ou Coiffre), pendant le voyage du tsar à Copenhague.

Cabinet de chêne de Pierre le Grand

L’Escalier de chêne vous conduira à l’étage. Après la salle centrale se trouve une pièce qui date du premier quart du XVIIIe s., le Cabinet de chêne de Pierre le Grand. Les contemporains n’avaient déjà que louanges pour ses sculptures sur bois. Ce cabinet était orné de panneaux de chêne exécutés d’après un dessin de Leblond. Les compositions sculptées sont dues à Nicolas Pineau qui les réalisa avec ses élèves de 1718 à 1720. A l’origine, cette pièce comptait douze panneaux, dessus et battants de portes. Y étaient représentés les quatre saisons, des trophées militaires et des instruments de musique. Sur deux d’entre eux, deux profils idéalisés, l’un de Pierre et l’autre, pense-t-on, de sa femme Catherine en Minerve, déesse de la Sagesse.

Les dessus de porte s’ornaient d’une cassolette entourée de dragons ailés. Pineau décora les battants de porte de représentations d’hermès. La maîtrise des compositions, la finesse des détails, le sens du matériau, la vivacité de l’exécution font de ces panneaux de véritables chefs-d’œuvre.

En 1941, on décrocha pour les évacuer huit des panneaux, les dessus et battants de portes. Tout ce qui n’avait pu être évacué disparut dans l’incendie. A l’heure actuelle s’achève la reconstitution des panneaux perdus. On peut voir trois d’entre eux (ils sont un peu plus clairs que les autres) à côté des originaux datant de l’époque pétrovienne. Ces panneaux furent réalisés avec beaucoup de talent sur des modèles de Nadejda Odé par le sculpteur sur bois Boris Herschelman.

Le mobilier est analogue à celui qui était exposé avant la guerre. Une des pièces les plus intéressantes du Cabinet est une pendulette de bureau de fabrication allemande datant du début du XVIIIe s. qui aurait appartenu à Pierre le Grand. 

Salle de la couronne

A l’E. du Cabinet de chêne s’ouvre une enfilade de pièces de dimensions égales aux fenêtres orientées au S. L’ensemble date de l’ajout par Rastrelli en 1747-1755 de nouveaux bâtiments au Palais supérieur. Du décor originel de la première pièce ne subsiste que le parquet, dont on retrouve les motifs baroques en zigzag dans plusieurs salles du palais.

En 1770, sur un projet de l’architecte Youri Felten, on aménagea dans cette pièce une profonde alcôve. La conception de la pièce rappelle celle des chambres à coucher d’apparat du XVIIIe s. français, très répandues dans les palais européens de l’époque. La chambre communique avec une pièce semblable située dans l’aile «féminine» opposée. On peut donc en conclure qu’elle était prévue comme chambre de l’empereur. Pourtant ce n’est que 25 ans plus tard que Paul Ier s’y installa. Il commanda à l’architecte Vincenzo Brenna un support pour y déposer la couronne impériale pendant les séjours du tsar à Peterhof. Depuis, la pièce porte le nom de Salle de la couronne.

Pour la restauration de l’intérieur, les spécialistes manquant de documents photographiques durent faire appel aux plans signés par Felten, conservés dans les archives des musées de Pétrodvorets. Pour le plafond, les décorateurs choisirent une toile d’un peintre français anonyme du XVIIIe s., dont le sujet mythologique, «Vénus et Adonis», se retrouve souvent dans les intérieurs de cette époque.

Les murs sont tendus de soieries chinoises du début du XVIIIe s., dont le motif peint présente un intérêt particulier: il évoque en effet toutes les étapes de la fabrication de la porcelaine de Chine.

Le lit de bois sculpté et doré de l’alcôve est typique des chambres 53 d’apparat du XVIIIe s., il est probablement l’œuvre d’un ébéniste italien. Les deux commodes en marqueterie sont originaires d’Allemagne du Sud et datent du milieu du XVIIIe s.

Les quatre pièces qui font suite à celle-ci n’étaient pas ouvertes au public avant la guerre, bien qu’elles conservassent certains détails de la décoration de Rastrelli. Ces pièces, sans destination précise, qui servaient quelquefois à loger des invités, portaient depuis longtemps le nom de «chambres de réserve».

A l’heure actuelle, elles sont en cours de restauration et abritent provisoirement une exposition consacrée à l’histoire du palais.

Secrétariat

On appelait aussi cette pièce l’«Antichambre de la chapelle», parce qu’elle donnait sur la galerie menant à la chapelle Saints-Pierre-et-Paul.

Rastrelli fit sculpter et dorer les lambris et tendre les murs de soie. A l’angle S.-O. de la pièce s’élevait un poêle revêtu de carreaux de faïence à motifs champêtres bleu de cobalt. Ces carreaux étaient stockés en grande quantité dans les magasins de l’intendance du palais. Des pièces de série servaient à revêtir des poêles de différentes tailles et à composer des motifs ornementaux très variés.

L’architecte donnait l’idée générale à suivre et l’artisan les assemblait pour créer un poêle chaque fois différent. Le poêle du Secrétariat fut construit en 1981, son décor de faïence fut reconstitué à partir de photographies d’avant-guerre et de quelques fragments sauvés des ruines.

La soie qui tend les murs a été tissée par des ouvriers soviétiques, sur un modèle analogue par le style et la gamme des couleurs à ceux du XIXe s.

Les tables et le bureau de marqueterie sont de fabrication russe et hollandaise. Les vases de porcelaine ont été réalisés au XIXe s. à Saint-Pétersbourg.

Le lustre à 48 bougies est particulièrement précieux. Il fut créé en été 1851 à la Manufacture impériale de porcelaine, à Saint-Pétersbourg, spécialement pour le Grand Palais et l’auteur des motifs qui l’ornent est probablement Fédor Krassovski.

Grand Salon bleu

Cette vaste salle est la première d’une enfilade de pièces d’apparat qui traverse le Grand Palais d’E. en O. Conçue par Rastrelli et située à l’angle de la partie centrale et de l’aile orientale du palais qui abritait les appartements privés, cette salle devait pouvoir, à l’occasion, servir de salle à manger privée pour la famille impériale et quelques hôtes choisis.

Les murs décorés de panneaux de bois sculpté et doré étaient à l’origine tendus de soie framboise.

Ces tentures furent changées plusieurs fois et, dans la seconde moitié du XIXe s., on les remplaça par un tissu bleu. Depuis la pièce porte le nom de Salon bleu. La situation particulière de ce salon intégré dans un ensemble d’appartements privés est soulignée par la hauteur de son plafond.

C’est ici qu’est exposé le service de table pour repas d’apparat, exécuté en 1849-1853 à la Manufacture impériale de porcelaine de Saint-Pétersbourg. Le lustre de porcelaine et les grands vases rehaussés d’or et de cobalt furent réalisés au même endroit en 1848.

Aux murs, vous remarquerez deux grands portraits officiels, celui de Catherine II, copie du XVIIIe s. d’après le tableau de Dmitri Lévitski, et celui de Maria Fédorovna, femme de Paul Ier, œuvre de madame Vigée-Lebrun. 

Petite antichambre

Cette pièce vaut surtout par la beauté particulière du motif et la vivacité de ton des tentures. En soie naturelle, elles ont été fabriquées au milieu du XIXe s. à Moscou, dans la manufacture de Grigori Sapojnikov, spécialement pour Peterhof. Avant la guerre, les réserves des musées de Peterhof en possédaient une quantité importante. Cette soie put être évacuée, ce qui permit, après la guerre, de tendre entièrement les murs de la pièce.

Parmi les tableaux exposés, vous noterez surtout un portrait de vieillard en costume oriental, dû à Giambattista Tiepolo (1696-1770), un portrait de Vittoria Accoramboni, poétesse italienne du XVIe s. exécuté par Scipione Pulzone (1550-1597), un «paysage architectural» d’un maître allemand anonyme du XVIIe s. et Les Nymphes à la source, toile due également à un artiste allemand anonyme de la seconde moitié du XVIIIe s.

Salle des gardes

Le nom de cette salle vient des chevaliers-gardes postés en faction ici, devant les appartements de l’impératrice. Les murs sont tendus d’une soie framboise tissée d’après un échantillon d’avant-guerre. Le décor en bois sculpté et doré est en cours de reconstitution.

Les pièces exposées ne correspondent pas à la fonction originelle de la salle. Vous pourrez voir des meubles d’acajou d’ébénistes anglais du XVIIIe s. L’armoire et le bureau de marqueterie de style dit chinois viennent d’Allemagne du Sud, ils sont remarquables et datent à peu près de la même époque. Les tableaux les plus intéressants sont Les horreurs de la guerre, œuvre de l’atelier de Rubens qui copie une toile du maître lui-même datant de 1638, Episode des guerres de Louis XIV en Flandre, d’Adam Frans van der Meulen, peintre ordinaire du roi à la cour de Louis XIV spécialisé dans les scènes de bataille, la Charge de cavalerie, d’un peintre du XVIIe s., Jacques Courtois dit le Bourguignon, et la Bataille de cavalerie d’un maître hollandais anonyme du XVIIIe s.

Cabinet de l’impératrice

Les appartements de la partie réservée aux femmes d’un palais russe du XVIIIe s. comprenaient obligatoirement un cabinet de travail, un cabinet de toilette, une chambre et un boudoir ou salon.

Le nom de «Cabinet» ne signifie nullement que l’impératrice s’y consacrait à démêler des affaires d’Etat. En général, cette pièce n’abritait que des parties de cartes entre intimes. Pourtant la décoration du cabinet devait évoquer le sérieux des activités de la souveraine. Mais cette pièce aménagée sur projet de Rastrelli ne se démarque nullement des chambres voisines: même soie aux murs, même bois sculpté et doré des portes et des panneaux du registre inférieur des murs. La décoration intérieure fut détruite dans l’incendie de 1941. Aujourd’hui, les murs sont tendus de satin blanc brodé de 57 corbeilles de fleurs, le même que pendant tout le XIXe s. C’est sans doute un modèle créé à Lyon dans les années 1760-1770 et repris dans les manufactures russes.

Les murs du Cabinet, comme ceux de tous les appartements privés, ont toujours été ornés de portraits, portraits de famille le plus souvent, bien qu’y figuraient quelquefois ceux des souverains d’Europe. Peterhof possédait surtout des copies de l’original européen, exécutées par l’artiste lui-même ou par un autre peintre.

Aujourd’hui, vous y admirerez les portraits du XVIIIe s.: Catherine II par Vigilius Erichsen, Stanislas Poniatowski, roi de Pologne, par Pietro Rotari, l’impératrice Elisabeth Pétrovna par un peintre russe anonyme et l’impératrice Maria Fédorovna, peinte en 1801 par Gerhard von Kügelgen.

Les fauteuils et le divan dorés, de facture exceptionnelle, ont été réalisés dans l’atelier d’un des ébénistes français les plus célèbres de la seconde moitié du XVIIIe s. : Georges Jacob. Le secrétaire du mur O. est l’œuvre de David Rontgen, ébéniste allemand ayant travaillé pour la cour de France. 

Cabinet de toilette

Cette pièce a les mêmes dimensions que la précédente. Les soieries des murs viennent des réserves évacuées à temps pendant la guerre. Elles furent fabriquées au milieu du XIXe s. dans la manufacture des frères Sapojnikov, sur commande spéciale du Grand Palais.

Les objets exposés sont pratiquement les mêmes qu’avant la guerre. Vous noterez surtout le miroir dans son cadre d’argent, pour la maîtrise exceptionnelle de son exécution et l’élégance de sa finition. Le cadre est signé d’un des plus grands orfèvres français du milieu du XVIIIe s., François-Thomas Germain. Les armes de Russie qui le surmontent laissent à penser qu’il s’agit d’un cadeau diplomatique de Louis XV à Elisabeth Pétrovna.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)