Palais d'Hiver

Le Palais d’Hiver est un ancien palais impérial situé au cœur de Saint-Pétersbourg, construit de 1754 à 1762 à la demande de l'impératrice Élisabeth, fille de Pierre le Grand.

En comparant l’architecture du Palais d’Hiver à celle des constructions du début du siècle, on voit à quel point les gouts artistiques avaient évolués vers ce milieu du XVIII siècle.

Plus trace de l’austérité et de la simplicité propres à la première époque. Tout est somptueux, opulent, luxueux.

Les dimensions sont tout autres. Le palais d’Hiver comptait au début 1 050 pièces, 117 escaliers, 1 886 portes, 1 945 fenêtres. La corniche qui le ceint mesure près de deux kilomètres de long ! Quelle différence avec les modestes demeures du tsar Pierre Ier et de ses courtisans. 

 

A quoi tenaient ces changements? Au fur et à mesure que l’absolutisme se consolidait en Russie, que les couches supérieures de la noblesse se renforçaient et s’enrichissaient, la Cour aspirait à toujours plus de luxe, d’apparat. Plus un dignitaire était puissant et plus son palais devait être somptueux.

Des sommes fabuleuses étaient dépensées pour la décoration intérieur des salles et des pièces ; on faisait venir des matériaux précieux, on invitait les artistes les plus renommes. Mais dans l’œuvre des grands architectes, la vanité des courtisans prenait une toute autre signification.

Pour les hommes de l’art la magnificence des palais devait traduire la grandeur et la force de l’Etat russe.
Et l’on voit un Rastrelli écrire qu’il élevé le palais d’Hiver «à la seule gloire de la Russie».

C’est l’habitation ordinaire des Souverains de Russie. Un grand drapeau impérial, déployé sur le faite du palais, annonce leur présence dans la capitale. L’impératrice Elisabeth ?t élever ce palais en 1754 par le comte Rastrelli ; il fut achevé en 1762. C’est un vaste bâtiment formant un parallélogramme de 65 sagènes de long, sur 50 de large et 14 de haut. Il s’étend majestueusement sur l’un des quais de la Néva, auquel il a donné son nom (quai de la Cour), et regarde la Bourse. Toutefois, sa façade principale est tournée au sud, vis-à-vis de l’Etat-Major. C’est de ce côté que se trouve sa grande porte, qui monte à la hauteur du premier étage. En face de cette porte, au milieu de la place impériale, s’élève la colonne Alexandrine, dont il sera parlé plus tard. Cet edi?ce est particulièrement remarquable par la manière dont l’architecte a su vaincre les difficultés inhérentes à tous les grands bâtiments, lorsqu‘il s’agit de leur donner du jour.

Guide du voyageur à Saint-Pétersbourg, 1841

Impossible d’embrasser du regard l’ensemble du Palais. Pour s’en faire une idée plus ou moins complète, il faut le contempler de loin, depuis la rive opposée de la Neva, s’en rapprocher ensuite, traverser le point et contourner le petit jardin faisant face à l’Amirauté pour déboucher sur la place du Palais.

Au fur et à mesure que l’on change de point de vue, des détails nouveaux ne cessent d’apparaitre. Sur le fond vert du mur ressort joliment la blancheur des colonnes et des encadrements, les Amours, les stucs, les volutes, les bas-reliefs, les statues et les vases de la toiture.

Ces ornements sont si nombreux qu’à première vue il semble vain de vouloir chercher ici un plan et une logique. Mais il suffit d’examiner attentivement le Palais, d’en faire le tour complet pour comprendre que cette immense diversité de procédés artistiques repose sur une conception profondément pense.

Le palais impérial d'hiver est placé sur le bord de la Newa, à la rive gauche, près de l'Amirauté, et sur le même alignement: c'est une masse majestueuse et imposante. L'emplacement appartenoit à la famille Apraxin, qui y avoit bâti un palais. Un comte Apraxin le donna à la couronne : en i754, l'impératrice Elisabeth le fit dé molir, et fit construire le palais actuel, qui ne fut achevé qu'en i662, après sa mort. Ce pompeux édifice est un carré long, donnant, d'un côté, sur la Newa, et, de l'autre, vers l'Amirauté et la place de la cour. Sa longueur est de quatre cent cin quante pieds sur trois cent cinquante de largeur; sa hauteur est de soixante-dix pieds; le rez-de-chaussée est vaste; au-dessus est l'étage où demeurent l'empereur, l'impératrice et la famille impériale. Cet étage est surmonté d'un second beaucoup moins élevé. Les deux extrémités et le milieu ont des saillies à colonnades: les colonnes y sont trop multipliées et comme entassées, surtout du côté du fleuve. Une galerie à l'italienne règne le long de l'entablement, avec des statues et des vases. Dans l'intérieur, les appartements de représentation sont très - richement meublés. Pour agrandir ce palais, on a bâti sur le même alignement trois autres petits palais qui communiquent, avec le premier étage du palais impérial, par des galeries couvertes, soutenues par de grandes arcades pour faciliter le passage des voitures et des gens de pied.

Voyage À Saint-Petersbourg En 1799 – 1800, Jean Francois Georgel

La galerie militaire et la salle des marechaux font suite à la précédente: la dernière est ornée d'une quantité de portraits d'hommes célèbres en grandeur na turelle.

C'est dans la Salle Blanche que se donnent les grandes fêtes de la cour, spécialement celles du Nouvel an, de' Pâques et de la bénédiction des eaux.

Le Palais d'Hiver, construit non loin des chantiers de l'Amirauté sur la rive gauche de la Néva, fait face à l'église de la Forteresse. On raconte que Louis XIV manifesta toujours une insurmontable aversion pour le château de Saint-Germain dont la situation était pourtant beaucoup plus belle que celle de Versailles, parce qu'il ne pouvait se résoudre à vivre dans un lieu d'où l'on apercevait les tours de la basilique de Saint-Denis, sépulture des rois de France. Moins pusillanimes ou moins superstitieux que le Roi Soleil, les tsars de Russie voyaient tous les matins de leurs fenêtres l'emplacement de leur tombeau.

L'art russe de Pierre le Grand à nos jours, Louis Réau, 1922

Ce palais d'hiver renferme dans ses nombreuses pièces une quantité innombrable de curiosités et d'objets précieux. Dans la salle du trésor on voit les trésors de la couronne impériale et sur le sceptre le célèbre brillant Orlof pesant 139 carats 3/4. 

Le palais d’hiver, élevé sous Elisabeth par l’ltalien Rastrelli, entièrement détruit par l’incendie de 1837, et reconstruit en dix-huit mois sur les mêmes plans, mais avec plus de luxe et de solidité, est un grand pa rallélogramme à quatre faces, ayant environ 150 mè tres de longueur sur 115 de largeur. Si on le compare aux autres résidences royales de l’Europe, c’est avec le palais de Madrid qu’il a le plus de ressemblance; même forme générale : un carré long, quatre façades, deux étages à colonnes superposées, une cour intérieure, point de jardin. Beaucoup plus spacieux, le palais de Saint-Pétersbourg est en briques; celui de Madrid, en granit et en marbre. Mais le palais de Madrid donne sur l’humble Manzanares, celui de Saint-Pétersbourg sur l’orgueilleuse Néwa. Et ce dernier rachète encore l’int‘ériorité de sa matière et la pesanteur de sa forme par la magni?cence inouïe des appartements intérieurs. Le grand escalier, en marbre incrusté d’or, la salle blanche, en stuc,où se donnent des festins de huit cents couverts, la salle Saint-George, aussi vaste, et toute en marbre de Carrare, n’ont rien à envier, même aux splendides prodigalités du grand roi. Des quatre fa çades de cette somptueuse demeure, l’une s’ouvre sur la Néwa, en face de la Bourse, des académies et de la forteresse intérieure qui renferme, dans l’église Saint Pierre et Saint-Paul, la sépulture impériale. Obligés d’être moins faibles d’esprit que Louis XIV, qui ne voulaitpoint voir la ?èche de Saint-Denis, les autocrates de Russie, au sein des pompes de leur cour, ont ainsi toujours devant les yeux la ?n et le néant des gran deurs humaines. La seconde façade du palais donne sur la place de l’Amirauté , d’où la vue s’étend jusque sur la grande place d’lsaac, que domine, du haut d’un rocher de granit, la belle statue équestre en bronze que Catherine II ?t élever à Pierre le Grand par le sculpteur Falconet.

Les musées dAlemagne et de Russie, Louis Viardot

Quand Catherine II prit possession du palais, pour essayer de ne pas se laisser distancer par les monarques éclairés d’Europe occidentale, elle affecta une partie des locaux à un musée personnel et chargea ses ambassadeurs et des agents spéciaux d’acquérir pour elle des œuvres d’art.
C’est ainsi que naquit l’actuel Musée de l’Ermitage, dont le renom est universel.
Etant activement enrichie, la collection s'agrandit rapidement et déjà en 1764 l'architecte Jean-Baptiste Vallin de La Mothe construisit le Petit Ermitage, jouxtant le Palais d’Hiver du côté de la Néva, puis, en 1787, Youri Velten termina le Grand Ermitage (appelé aussi Vieil Ermitage) qui s’étendait jusqu'au canal d’Hiver réunissant la Moïka à la Néva, et enfin, le théâtre de l’Ermitage, réuni à l’Ermitage par une galerie, élevé par Giacomo Quarenghi en 1787. Par la suite, au milieu du XIXe siècle, fut adjoint à cet ensemble le Nouvel Ermitage, construit sur un projet de Léo Klenze et destiné à recevoir les collections d’un « musée d’art public ». Sa façade, ornée de dix puissants Atlantes de granit exécutés par des artistes russes sous la direction d’Alexandre Terebeniev, donne sur l’actuelle rue Khaltourine.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)