Giuseppe Mazzuola - la Mort d'Adonis

Au centre de la salle 238 de l’Ermitage, où sont exposées les œuvres de plusieurs grands maîtres de l’art italien des XVIIe et XVIIIe ss.

se trouve une sculpture décorative de Giuseppe Mazzuola (1644—1725): la Mort d'Adonis. 

La mythologie nous apprend que le jeune chasseur Adonis, au mépris du conseil de sa bien-aimée Vénus, la déesse de l’Amour, est dévoré par un sanglier au cours d’une chasse. Mazzuola représente précisément le moment où la bête, furieuse, se jette sur le jeune homme. Ce mouvement impétueux est très habilement rendu. La silhouette du chasseur est vue sous un angle particulier, le torse tourné vers la gauche. Son épaule droite et son bras sont légèrement en avant, tandis que l’autre bras est en arrière. Le visage et le regard d’Adonis sont tournés à gauche, du côte où est apparue la bête. Enfin, les boucles des cheveux du jeune homme semblent achever ce mouvement. Cette spirale, dans laquelle s’inscrit la silhouette, était fréquente dans l’art baroque, dans la mesure où, porteuse d'une dynamique et d'une expressivité qui donnaient vie au modèle, elle soulignait également son lien avec l’espace environnant, et contraignait le spectateur à faire le tour de la statue afin d’en avoir une idée plus complète. Semblable composition répondait on ne peut mieux à la destination même de ces sculptures, éléments de décor d’une salle ou des allées d'un parc.

Le sculpteur a tenu compte de l’éclairage des salles de palais et de la lumière propre à l’Italie. Il a su jouer habilement des contrastes de lumière et d’ombre pour rendre les reliefs, le mouvement et la facture. Sous cette chevelure bouclée, un peu rêche d’Adonis, son visage semble plus lisse, plus lumineux, plus doux. La surface tantôt saillante, tantôt rentrante du marbre, sur laquelle alternent lumière et ombre, donne l’illusion de muscles tendus sous la peau, l’impression d'un mouvement du corps. Une couche de marbre fine et lisse qui reflète les rayons du soleil, donne une teinte jaune à la mante d’Adonis. Le corps de la bête est compact et grisâtre; la pierre, dans sa massivité, ne renvoie pas la lumière, tandis que les ciselures qui représentent le pelage jettent des ombres grises. Ainsi, travaillant dans un matériau monochrome — le marbre blanc — le sculpteur, un virtuose, obtient même un effet de couleur. Semblables œuvres, superficielles et conventionnelles, empreintes d’une certaine «théâtralité» (outrance des gestes, émotions exagérément rendues, etc.) ont souvent été exécutées avec une grande maîtrise et se distinguent par leurs qualités décoratives.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



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Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
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