L'Ermitage

L'Ermitage occupe, à part le Palais Hiver, quatre édifices annexes dont le plus ancien, let Petit Hermitage, fut érigé tout à côte en 1764-1767, sur le quai de la Neva. Sa façade est l'œuvre d'art appartenant à la famille impériale. Seule Catherine II et quelques-uns de ses intimes y avaient accès. C'est d'ailleurs ce qui lui a valu d'être appelé Ermitage.

Cet édifice est dans une grande mesure subordonne au Palais d'Hiver, dont il a la hauteur et l'ordonnance horizontale. Mais, à la différence de son aine qui produit une impression de fête et de gaîté, le Petit Ermitage se distingue par une paisible simplicité. Son rez-de-chaussée forme un socle ou les bossages alternent avec les portions de mur lisses. Au-dessus commence la partie d'apparat, ornée de colonnes et de pilastres s'incorporant les deux étages.

                                                                             

Ici, les colonnes ne sont pas disposées en combinaisons pittoresques comme dans le Palais d'Hiver: elles se groupent au centre en formant portique.

Les collections de l'Ermitage s'enrichissant rapidement, en quelques années cet édifice était devenu insuffisant. Bientôt on lui ajouta le Vieil Ermitage (ou deuxième Ermitage, bâtiment aligne sur l'Ermitage, comme on l'appela au début), construit en 1775-1784 par I. Felletin en prolongement des édifices du quai. Répétant les travées du Palais d'Hiver et du Petit Ermitage, il est encore plus simple et paisible que l'édifice du Vallin De La Mothe.

Un peu plus tard, en 1783-1787, l'architecte Quarenghi éleva a cote, toujours sur le quai, le Théâtre de l'Ermitage, séparé du Vieil Ermitage par le Canal d'Hiver (Zimni) et relie a lui par des galeries aériennes. Le théâtre de l'Ermitage adopta les mêmes proportions que les édifices attenants. Là aussi le rez-de-chaussée a bossages forme un socle qui supporte les deux étages d'apparat englobes par des ordres géants. Les statues des poètes grecs évoquent sa destination.  

La salle de spectacle semi-circulaire, ornée de demi-colonnes corinthiennes et de sculptures, et dont les banquettes tendues de velours rouge forment amphithéâtre, est l'une des meilleures de la ville. Au début de sa carrière, ce théâtre justifia pleinement son nom d'Ermitage. Le nombre des personnes admises à assister aux spectacles ne dépassait pas la douzaine ! Ce n'est que dans les cas exceptionnels, lorsqu'on invitait l’élite du corps diplomatique, que le public était un peu plus nombreux. Aujourd'hui, la salle set aux conférences du Musée de l'Ermitage.

Un large arc enjambe le Canal d'Hiver pour relier le théâtre au Vieil Ermitage. Avec l'élégant petit pont arque qui l'accompagne, cet arc forme un coin très pittoresque, surtout quand on le regarde de la rue Millionnaïa (aujourd’hui rue Khaltourine) d’où l'on a, entre l'arc et le pont, un aperçu sur la Neva et sa rive opposée.

De tous les édifices Impériaux renfermant les monuments de l'art, comme Musées, l'Hermitage occupe à coup sûr le premier rang. Déjà l'Impératrice Catherine II. avait, dans l'année 1768, fait bâtir à proximité du palais d'hiver par l'architecte de la Motte, une maison où elle pût se retirer des bruits de la cour dans un petit cercle de personnes choisies, passant ses soirées avec des philosophes, des artistes et des hommes de lettres. L'Impératrice donna à ce bâtiment le nom d'Ermitage.

Guide de voyageur, Jean Bastin, 1874

A partit de 1852, l'Ermitage devint un musée, mais son accès était limite. Ce n'est qu'après la Révolution d'Octobre que ses portes furent largement ouvertes.

Peu de musées au monde peuvent être compares a l'Ermitage pour la richesse et la diversité des collections. On trouve ici des témoignages de la culture et de l'art de presque tous les peuples, de toutes les époques. De célèbres statues antiques, des objets d'art russes, des toiles de Leonard de Vinci et de Raphael, de Rubens et de Rembrandt, de Velázquez et de Van Dyck, et beaucoup d'autres chefs-d’œuvres sont exposés dans les cinq grands bâtiments qui communiquent entre eux. Beaucoup de ces escaliers, de ces salles et vestibules sont eux-mêmes des œuvres d'art, tel l'escalier de Jourdain, la salle Saint-Georges et la salle des Armoiries, la Galerie de 1812, le Grand escalier du Nouvel Ermitage, les loges de Raphael, etc., etc.

Les vingt-deux salles réservées à l'Antiquité contiennent des statues en marbre, une superbe collection de bijoux, des objets en métal et en verre. Parmi les chefs-d'œuvre de la sculpture grecque du IV siècle avant notre ère, on distingue Héraclès lutant avec le lion de Lysippe, le sculpteur préféré d'Alexandre de Macédoine, ainsi que la Venus de Tauride du III siècle avant notre ère.  La précieuse collection de camées et d'intailles comprend le célèbre camée de Gonzague du III siècle avant notre ère, d'une beauté rare et de très grande dimension (15,7 x 11,8 cm).

La section des arts de l'Europe occidentale occupe plus de 100 salles. La Renaissance italienne est représentée à l'Ermitage par des chefs-d'œuvre comme la Madone Benois et la Madone Litta de Leonard de Vinci, la Madone Conestabile et la Sainte Famille de Raphael. Il y a aussi une reproduction fidèle de la galerie du Vatican décorée par Raphael et ses élèves. Ces « loges de Raphael » furent copiées sur place au XVIII siècle, pendant sept ans. On les peignait sur des toiles qui furent ensuite tendues aux murs d'une galerie faite à l'Ermitage d'après le projet de Quarenghi. Au centre d'une salle ornée de fresques italiennes authentiques du XVI siècle est place l'Enfant recroqueville de Michel-Ange: le ciseau du grand sculpteur a donné au marbre les formes d’un jeune corps muscle et palpitant de vie.

                 

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)