Cathédrale Notre-Dame-de-Kazan de Saint-Pétersbourg

La Cathédrale de Notre-Dame de Kazan de Saint-Pétersbourg, érigée par A. Voronikhine de 1801 à 1811.

L’architecte aborda la tâche qui lui était proposée en maître véritable. Il lui fallait se conformer aux ordres de Paul Ier qui voulait que la cathédrale soit construite sur le modèle de la basilique Saint-Pierre de Rome, avec sa colonnade ouverte. Néanmoins, Voronikhine sut trouver une solution absolument indépendante, originale, et, en un certain sens, entièrement opposée à celle de la basilique romaine. La colonnade de celle-ci est de dimensions beaucoup plus modestes que le portique, auquel elle n’est que faiblement reliée. Chez Voronikhine, la colonnade est de la même hauteur que le portique et semble jaillir du corps de la cathédrale. A Rome, les colonnes forment une place fermée, tandis que les ailes de la colonnade de Voronikhine s’ouvrent vers l’avenue et relient l’édifice aux rues attenantes.

Dès le stade de l’étude, l’architecte eut à surmonter nombre de difficultés. Par exemple, la tradition voulait que l’autel soit orienté à l’est. Or, comme c’était la façade nord de la cathédrale qui donnait sur le Nevski, l’entrée principale face à l’autel donnait non pas sur l’avenue, mais sur une artère secondaire. Il fallait que l’architecte traite somptueusement cette façade latérale pour faire oublier qu’elle n’était pas la principale. Voronikhine trouva un parti d’une hardiesse et d’une beauté peu communes, érigeant devant la façade qui donne sur la perspective Nevski l’imposante colonnade demi-circulaire, composée de quatre rangées de colonnes corinthiennes et s’achevant par les larges portiques qui laissent s’échapper les rues latérales.

L’architecte se proposait de construire une seconde colonnade en hémicycle du côté opposé de la perspective Nevski. Si son propos avait été réalisé, quatre places se seraient constituées autour de la cathédrale: la première, sur la perspective Nevski, la deuxième, du côté opposé, la troisième, devant l’entrée principale, entre les extrémités des deux colonnades, la quatrième, devant le canal Iékatérininski. Mais la guerre de 1812 empêcha ce projet d’aboutir.

La colonnade qui forme place côté perspective Nevski dissimule la partie essentielle de la façade de la cathédrale. Mais au centre, au-dessus des rangées de colonnes, sur un puissant tambour circulaire se dresse la coupole de 70 mètres de haut qui équilibre l’ouverture de la colonnade.

En plan, la cathédrale a la forme d’une croix allongée. Ses parois, rythmées par des pilastres corinthiens, sont percées d’immenses baies. Entre les colonnes, des niches abritent de grandes statues: celles des princes Vladimir et Alexandre Nevski (par S. Piménov), d’André Pervozvanny (par I. Prokofiev) et de Saint Jean le Précurseur (par I. Martos). Les sculpteurs qui ornèrent la cathédrale surent subordonner leur œuvre à l’ensemble. Cela est vrai également des bas-reliefs des attiques, aux extrémités de la colonnade: Moïse faisant jaillir la source du rocher, par Martos (côté est), et Le serpent d’airain, par I. Prokofiev (côté ouest). Ces œuvres complexes, d’une exécution magistrale, conçues pour être contemplées de loin, soulignent agréablement l’ordonnance horizontale des attiques.

A l’intérieur, la cathédrale ne ressemble guère aux autres églises avec leurs habituels pylônes massifs soutenant de lourdes voûtes. Elle est claire, légère, et évoque plutôt un intérieur du palais. Ses pylônes sont si minces que lors de la construction des voûtes furent même émis quant à leur solidité.

Les cinquante-six monolithes des colonnes, dont les bases et les chapiteaux corinthiens sont en bronze, accentuent l’impression de solennité.

La solution technique de la cathédrale est intéressante. En établissant le projet de la coupole dont le diamètre dépasse les 17 mètres, Voronikhine se montra un novateur audacieux en utilisant pour la première fois le fer et la fonte dans une construction de ce genre. Les passages latéraux constitués par les extrémités de la colonnade témoignent, eux aussi, de sa grande maîtrise. La travée libre est de 7 mètres. Lors de la mise en chantier, certains doutèrent que les colonnes puissent supporter le poids d’une telle voûte. Mais, comme pour les pylônes intérieurs, tout alla à merveille et le projet de Voronikhine s’avéra aussi parfait du point de vue artistique que du point de vue technique.

L’ensemble de la cathédrale de Notre-Dame de Kazan est complété par une grille ouvragée demi-circulaire, d’un dessin très élégant, installée devant sa façade ouest. A l’idée de l’architecte, elle devait relier les extrémités des colonnades pour former une petite place devant l’entrée de la cathédrale.

Peu de temps après que la cathédrale fut terminée, en 1913, la dépouille de Koutouzov y fut solennellement transportée. Pendant longtemps, on garda ici les drapeaux enlevés à l’ennemi, les clefs des villes investies par les troupes russes et d’autres reliques militaires.

Sur la place qui fait face à la cathédrale, on inaugura, en 1837, les statues de Koutouzov et de Barclay de Tolly (par B. Orlovski). Il aurait été difficile de trouver meilleur emplacement pour ces monuments aux grands capitaines russes, qui correspondent parfaitement au caractère commémoratif de la cathédrale et en achèvent la composition. Leurs silhouettes se détachent nettement sur le fond des larges jours latéraux de la colonnade et s’harmonisent parfaitement avec son architecture et ses proportions.

Koutouzov et Barclay de Tolly portent l’uniforme des généraux russes de 1812. Le premier d’une main salue de l’épée et de l’autre tient le bâton de maréchal. Il semble avancer lentement, et sa ferme démarche, son geste assuré, toute sa silhouette respirent la tranquillité et la force. La statue de Barclay est plus statique. Il paraît s’être arrêté, pensif, la main droite retenant le pan de son large manteau, la main gauche tenant le bâton de maréchal légèrement en arrière. L’expression de son visage est concentrée, un peu sévère même.

Orlovski a créé là deux personnages absolument différents mais qui constituent un ensemble de grande classe.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)