La perspective Nevski

Aujourd'hui, la perspective Nevski est l'artère principale de Saint-Pétersbourg. Elle forme la ligne centrale du fameux trident de l'Amirauté (dont les lignes latérales sont la rue Gorokhovaïa et la perspective Voznessenski). La majorité des boutiques de prestige et des bars de la ville sont situés sur ou à droite de la perspective Nevski.

C'est pratiquement simultanément avec l’apparition de Saint-Pétersbourg que la perspective Nevski, l’artère la plus célèbre de la ville, vit le jour. Elle est longue de 4,5 km.

Fondé par Pierre 1er sur la Neva en amont de la ville elle-même, le monastère Alexandre-Nevski fut relié à l’Amirauté par une route percée en 1712-1718 que l’on dénomma Grande Perspective. C’était alors une simple voie large, pavée de cailloux, droite comme une flèche et changeant à peine de trajectoire à l’approche du monastère. Elle coupait deux rivières : la Moïka, du côté de l’Amirauté et le Bezymiany Erik rebaptisé plus tard Fontanka car les fontaines du Jardin d’Eté, installé sur sa rive, s’alimentaient en eau dans son cours.

La Fontanka constituait la limite de la ville. Près de l’actuel pont Anitchkov se tenait un corps de garde et à côté étaient les bâtiments du régiment Préobrajenski. Peu à peu, les terrains le long de la Grande Perspective se bâtirent. Plantée d’arbres des deux côtés, elle ressemblait à une allée (actuellement il n’y a plus d’arbres que le long de la galerie marchande (Gostiny Dvor). Il n’y avait encore dans les années 1730 qu’une dizaine de maisons, mais déjà au milieu du siècle elle devint la rue principale de la ville bordée d’églises, de palais, de magasins et d’immeubles d’habitation. La physionomie de la perspective, qui, malgré sa reconstruction, était très proche de l’aspect actuel, prit forme dans le premier tiers du XIXe siècle.

Une des particularités caractéristiques de l’ensemble architectural de la perspective Nevski est que la ligne continue des maisons mitoyennes s’interrompt par endroits. Des constructions se dressent généralement dans ces sortes de redans et chacune d’elles possède son propre aspect architectural et s’avère le centre d’un petit ensemble indépendant. Il arrive que dans une suite d’immeubles ordinaires, s’intercalent des édifices se distinguant des autres par leur splendeur et leur prestance. L’unité architecturale de la perspective tient à ce que la majeure partie des maisons est de style classique. C’est pourquoi même la reconstruction de nombre d’entre elles dans un style totalement différent à la fin du XIXe et au début du XX siècle, ne parvient pas à détruire la beauté et l’originalité inhérente à cette perspective.

Au commencement du XYIIle siècle, le début de l’avenue (de l’Amirauté jusqu’à la Moïka) n’était pratiquement pas construit, seule près de la rivière, sur le côté gauche, s’élevait la maison de l’amiral Cruys, compagnon d’armes de Pierre Ier. L’ensemble après avoir changé de propriétaires plusieurs fois, et subit maintes transformations, nous est parvenu tel qu’il était au début du XIXe siècle (maison N° 18, probablement due à Vassili Stassov). Le café «Wolf et Béranger », où Pouchkine retrouva son témoin et ami de lycée Konstantin Danzas pour se rendre au duel fatal au cours duquel il fut mortellement blessé, se trouvait dans cette maison.

La majorité des immeubles s’élevant jusqu’à la Moïka furent construits au début du XIXe siècle et leur aspect actuel ne reflète que peu de changements.

De l’autre côté de la Moïka, à droite (côté impair) se dresse à l’angle le palais du comte Stroganov, l’un des plus riches personnages de l’époque. A l’origine, c’était une modeste maison à un étage sur un soubassement, elle représentait la construction type, ne se distinguant en rien des autres. Mais après que l’incendie de 1736 l’eût détruite, Bartolomeo Rastrelli, architecte du Palais d’Hiver, éleva à sa place, en 1752-1754, un palais luxueux de style baroque qui nous est parvenu pratiquement sans remaniements.

Côté pair, après l’ancienne rue des Ecuries (actuelle rue Jeliabov) se trouve en retrait l’église luthérienne Saints-Pierre-et-Paul construite dans les années 1730. Deux ailes attenantes à l’église et disposées symétriquement de part et d’autre de son portail débouchaient sur la perspective. Les architectes Alexandre Brioullov et Georg Zollikofer conservèrent cet agencement lorsqu’ils reconstruisirent dans les années 1830 l’église et ses deux ailes. L’ensemble actuel est à peine différent : des portes de chêne ferment maintenant le portail, tandis que les annexes sont surélevées de deux étages. L’influence des églises romanes et gothiques d’Europe occidentale est sensible dans l’aspect extérieur de ce temple.

La cathédrale Notre-Dame-de-Kazan, bâtie en 1801-1811, est une des plus célèbres constructions de Saint-Pétersbourg. Elle est l’œuvre maîtresse de l’architecte russe Andreï Voronikhine, ancien serf de la famille Stroganov.

La réalisation de cette église est intéressante du point de vue historique. Paul Ier qui appréciait beaucoup la basilique Saint-Pierre de Rome voulut avoir quelque chose de semblable à Saint-Pétersbourg. Voronikhine incarna magistralement le dessein du tsar. La grande colonnade extérieure et la coupole rappellent le modèle romain; tout le reste est original. Prenant en considération que la façade (nord) de l’édifice donne sur la perspective Nevski, l’architecte la dota d’une magnifique colonnade en arc de cercle formée de quatre rangées de colonnes cannelées, et se terminant à chaque extrémité par des portiques. La disposition de la cathédrale, en retrait par rapport à la perspective Nevski, ménage à cet endroit une petite place qui s’intégré harmonieusement à l’avenue grâce aux ailes largement déployées des colonnades.

Saint-Pétersbourg en un coup d'oeil



Population (2015) : 5 191 690 millions d'habitants
Fondation : 1703
Fuseau horaire: UTC+04:00 (MSK)
Densité : 2 807,3 hab./km²
Région : Nord-Ouest
Préfixe téléphonique : (00 7) 812
Code postaux : 190000-199406
Ancien nom : Pétrograd (1914-1924)
Ancien nom : Léningrad (1924-1991)